Mur écran pare-pluie

Lorsque nous réalisons des inspections concernant la loi 122 pour des bâtiments de 5 étages et plus, notre première question est de déterminer avec quel est le type de mur extérieur devons-nous composer? Mais quels sont-ils scientifiquement? Au Québec, nous avons beaucoup de chance de trouver des types de murs qui caractérisent l’évolution de la recherche scientifique depuis 80 ans jusqu’à maintenant. Bref trois types de concept sont éminents au niveau scientifique concernant leur performance :

1.Le mur scellé en surface (voir billet précédent)

2.Le mur écran pare-pluie ou mur à cavité drainé

3.Le mur écran pare-pluie à pression équilibrée (voir autre billet)

MUR ÉCRAN PARE-PLUIE

Quelques années après la construction des bâtiments avec des murs massifs et des murs scellés en surface, arrive la hausse des couts de chauffage, due principalement à l’augmentation du cout du pétrole. Pour contrer cette hausse les méthodes de construction se sont chevauchées rapidement durant plus de 30 ans, entre les années ‘60 et ’90, pour atteindre une certaine stabilité vers les années 2000. Ces méthodes consistaient à insérer un facteur isolant plus important dans les murs extérieurs et donc de réduire l’épaisseur des parements extérieurs en maçonnerie de 3 à 2 et à une rangée de briques. Durant ces expériences vivantes un espace d’air d’environ 30mm était laissé derrière le parement de brique pour assécher la brique. Cet espace servait selon leur dire, aussi de facteur d’isolation, ce qui fut le début du mur écran pare-pluie dans les années fin ’50 et début ’60.

Les travaux de recherche au conseil national de recherche du Canada se poursuivait et alors la « recherche » vers les années ’70, demande au concepteur de prévoir des ouvertures au bas des murs de maçonnerie (chantepleures) pour permettre à l’eau qui pourrait s’infiltrer derrière le parement de brique d’une seule rangée, de s’évacuer vers l’extérieur à la base du mur. Encore un peu plus tard, on applique ce principe au-dessus des ouvertures par l’avènement des « solins ». Cette période était le début du concept de mur écran pare-pluie (ou mur à cavité drainée) qui est encore utilisé de cette façon aujourd’hui. Il faut dire que toute la règlementation concernant les attaches, les angles de support aux étages et les joints de dilatation a été ajoutée durant les années qui suivirent cette période.

Durant ces premières années souvent les attaches à maçonnerie étaient en acier non traité, et dans la construction de bois souvent des clous enfoncés en partie dans le mur de structure jouaient le rôle d’attaches. Il n’est pas nécessaire de vous dire que nous découvrons ces attaches souvent rouillées et brisées lorsque nous ouvrons ces murs de brique bombés vers l’extérieur.

Ces murs écrans pare-pluie (murs à cavité drainée) ont été raffinés avec les années avec l’aide de chercheurs tel que J. K. Latta, Rick Quirouette, Pierre Michel Busque, Madeleine Z. Rousseau et tant d’autres au conseil national de recherche du Canada et à la société canadienne d’hypothèque et de logements. L’idée de ce concept était de permettre à l’eau de pouvoir s’évacuer à l’extérieur du mur. Cette eau pouvait provenir de la pluie, de la fonte des neiges, de la condensation et de tout autre phénomène ou des imperfections du mur.

Il y avait au niveau des chercheurs des connaissances extraordinaires (Voir J. K. Latta, décembre 1975, NRCC 13487F/ Rick Quirouette, regard 84, 85, 86 etc. science du bâtiment) mais la diffusion ne se faisait pas facilement et ainsi les concepteurs y allaient de leur propre gré ou connaissance. La diffusion des connaissances commençait vraiment au début des années ’80 et la conception des murs commença à changer ainsi que leur performance. Cette performance commence à être expliquée par les diverses fonctions de l’enveloppe dont principalement les fonctions pare-air et pare-vapeur qui révolutionnèrent la conception des murs extérieurs dans le milieu commercial et institutionnel et prirent un envol dans les années ’90.

Les milieux industriels et résidentiels de 4 étages et moins, suivirent mais toujours avec une ou deux décennies de retards. Ces avancés en science de bâtiment eurent un impact important sur les murs écrans pare-pluie car l’effet de l’eau sur la maçonnerie était changé, due à l’étanchéité à l’air des murs de supports derrière la maçonnerie. Ceci amena un phénomène, la création de mur écran pare-pluie de type passoire ou ventilé qui acceptait encore plus d’eau et de vent dans la cavité et l’autre de type conventionnel le mur écran pare-pluie ou à cavité drainée.

Ces murs écrans pare-pluie de type passoire créèrent une grande division entre les chercheurs et les architectes praticiens car plusieurs commencèrent à dire que les murs devraient être ventilés pour permettre un assèchement des matériaux de parement et ceux derrière la brique, alors vous verrez sur certains bâtiments des trous (chatepleures à tous les 1200mm en hauteur et à tous les 600mm de distance) servant à « mieux ventilé » l’espace d’air??? Ceci permet aussi à recevoir plus d’eau à l’intérieur du mur! L’autre théorie est celle d’un mur écran pare-pluie plus élaboré qui fut développé avec les intervenants suivants : Pierre-Michel Busque, Trempage de Façades, Rick Quirouette, 11 novembre 1996, SCHL #J93r07f-4 « Épreuve des murs et des fenêtres à écran pare-pluie: la méthode de simulation de la cavité » Madeleine Z. Rousseau, CNRC « Réalités et fictions sur les murs à écran pare-pluie ». Ce mur écran pare-pluie qui implique une pression équilibrée entre l’espace d’air derrière la maçonnerie et les vents extérieurs, est vraiment la dernière version qui est aussi appliqué dans la fabrication des cadres de fenêtres et des murs rideaux. Ceci donnera à la fin des années ‘90 et début 2000 les murs écrans pare-pluie à pression équilibrée dont je vous entretiendrai dans le prochain billet.

Espérant que ces informations vous aideront dans votre projet.

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CRÉDIT PHOTO ANDRÉ MATHIEU,